Mardi 29 mai
fév
06/12
Basket féminin : LBF/Saint-Amand
Mise à jour le Mercredi 15 février
Ecrit par La Redaction

Le LBF n’y arrive pas

Les Lionnes recevaient le Hainaut Basket Saint-Amand lors de la 18e journée de ligue féminine, ce dimanche après-midi (5 février), dans leur salle Mado Bonnet (Lyon 8e). Le matin même, un communiqué du club sur son site internet annonçait le recrutement d’une nouvelle joueuse.

Amoindri par les blessures (Marion Arfelis, Mame Sy Diop), le Lyon Basket Féminin (LBF) s’est vu accorder le droit de recourir à un joker médical, hors période des transferts. C’est l’arrière américaine Marissa Coleman (1m85) qui a été choisie comme renfort de luxe. Formée à l’Université du Maryland, la jeune athlète de 25 ans évoluait aux Washington Mystics, dans la prestigieuse WNBA (NBA féminine). Elle devra rejoindre les Los Angeles Sparks à partir de mai 2012 (la saison WNBA ne débute qu’au printemps). Fraîchement débarquée, et alignée dès le premier match, elle avait pour mission d’aider les Lionnes à gagner enfin sur leur parquet et à s’éloigner de la zone rouge. À l’heure de recevoir les Nordistes, le LBF est en effet englué en bas du tableau (13e place) en position de relégable. Une victoire permettrait aux filles de passer devant Aix-en-Provence (12e), qui s’est incliné samedi soir face à Challes-les-Eaux.

C’est l’emblématique Tony Bertrand, cent ans, adjoint aux sports de Louis Pradel, qui a donné le coup d’envoi fictif du match. Audrey Sauret, la capitaine des Lionnes s’est, quant à elle, chargée de mettre son équipe sur les bons rails, en inscrivant rapidement le premier panier. Le LBF entre bien dans la partie et tient la dragée haute à son adversaire du jour, pourtant mieux classé. Marissa Coleman est lancée dans le grand bain dès la 5e minute, alors que les Lyonnaises mènent au score 12-10. Un peu perdue, avec un décalage horaire mal digéré et en manque de repères, la néo-lionne commet faute sur faute. Sur la lituanienne Marina Salopova d’abord, puis sur Emilie Silbande. Malgré tout, le LBF défend bien et repousse les assauts de la meneuse amandinoise, Amanda Ashley Houts, très en vue hier, et auteure de 18 points pour sa formation. À l’instar de Colman, Audrey Sauret n’est pas non plus très sereine. Visiblement stressée et surpassée par l’enjeu, elle multiplie les gestes d’énervement : à deux minutes du terme du premier quart-temps, elle fait faute sur Houts et permet à l’Américaine de donner l’avantage aux siennes avec ses lancers-francs, 14-16. Dans la foulée, la petite stratège (1m80 tout de même !) inscrit un superbe panier à 3-points et porte le score à 14-19 pour les visiteuses. Les joueuses du Hainaut Basket achèvent logiquement la période en tête, 17-21.

Les Lyonnaises n’ont pas démérité et ne sont pas encore définitivement distancées. Mais, à la reprise, les Saint-Amandinoises confirment leur emprise sur le match. Bien qu’elles ne parviennent jamais à prendre le large, elles se maintiennent devant en s’appuyant sur des individualités fortes. Solopova, auteure de 17 points ce dimanche, marque un 3-points d’emblée et impose sa précision. Pour maintenir la tête hors de l’eau, les Lionnes doivent s’en remettre à leur défense. Coleman n’apporte pas l’efficacité offensive attendue, et les coups d’éclat tout en puissance de la grande Krystal Thomas (1m96), très à l’aise dans la raquette, sont trop irréguliers. Néanmoins, bien épaulée par Leigh Aziz, elle multiplie les contres et les interceptions. À la mi-temps, le Hainaut Basket mène de cinq points, 39-44.

Le troisième quart-temps sera celui de la rébellion pour le LBF. Sous l’impulsion de Krystal Thomas plus consistante et d’Audrey Sauret, les Lyonnaises remontent au score. Les deux joueuses se trouvent parfaitement : Sauret fait le travail de sape à l’entrée de la raquette, et l’intérieure américaine propose des solutions sous le panier. Son physique impressionnant et sa détermination font le reste. L’arrière Leslie Ardon parachève l’œuvre du duo en ajustant quelques paniers à 3-points qui soulagent ses coéquipières. Clarisse Legrand y va de son shoot longue distance à la toute fin du quart-temps et permet au LBF de mener 60-54 avant la dernière période.

Sauret débute ces dix dernières minutes sur les chapeaux de roue. Elle entraîne toute la défense nordiste sur le côté droit avant de se retourner pour servir Coleman à la limite de la ligne des 3-points, plein axe. Cette dernière prend son temps pour déclencher son shoot et donner ces trois précieux points. Les spectateurs applaudissent vivement, tout le monde espère que la championne démontre enfin sa valeur. Mais, du côté d’Hainaut Basket, la paire Houts-Solopova fait des ravages. Ces filles-là n’ont pas de problèmes de rodage et donnent l’impression de pouvoir se trouver les yeux fermés. Elles provoquent énormément et obtiennent un grand nombre de lancers-francs. Contrairement aux Lyonnaises, qui ont eu la fâcheuse habitude de ne marquer qu’un lancer sur deux durant toute la rencontre, elles prennent tous les points possibles sur les fautes. À cinq minutes du terme, les visiteuses ont repris la main et sont de nouveaux devant, 66-70. Les Lyonnaises ne trouvent plus de solutions et sont débordées en défense. Elles n’auront tenu l’avantage qu’une douzaine de minutes dans cette partie. Coleman et Sauret s’essaient aux 3- points pour revenir, sans succès. Même Thomas ne parvient plus à trouver la faille. Et, alors qu’il reste 40 secondes à jouer, un petit miracle se produit : Marissa Coleman réussit un 3-points du coin du terrain et redonne l’avantage au LBF, 73-72.

No women, no cry

Celle qui avait à peu près tout loupé jusqu’à présent, et qui n’aura marqué que huit points dans le match, s’apprête à endosser le costume de sauveuse qui semblait trop grand pour elle. Elle obtient même un lancer franc sur l’action, qu’elle s’empresse de rater, évidemment. Mais 40 secondes, en basket-ball, c’est une éternité. Immédiatement après ce coup d’éclat, que l’on croyait être le dernier, Hainaut fait de nouveau la course en tête, grâce à un 3-points d’Amanda Houts. 73-75, 30 secondes à jouer ! Le coach lyonnais Pierre Bressant demande un temps mort, son homologue Corinne Benintendi lui emboîte le pas. La tension est palpable. Les supporteurs veulent encore y croire. Mais, cette fois-ci, c’est bien fini. Julie Legoupil, pour le LBF, s’offre une dernière tentative derrière la ligne des 3-points, mais c’est trop court. Amisha Carter, la meilleure marqueuse de la rencontre avec 26 points au compteur, entérine le succès d’Hainaut Basket en transformant deux lancers francs.

Les Lyonnaises s’inclinent finalement 73-79, à l’issue d’un match qu’elles ont subi la plupart du temps. Pourtant, elles ont bien cru l’emporter, et certaines sont au bord des larmes après cette cruelle défaite, comme si elles étaient déjà en deuxième division. La New-yorkaise Aziz Leigh déambule sur le parquet, signant des autographes aux juniors du club, le regard embué, sur l’air de No woman, no cry, entonné par l’ambianceur maison. Il va pourtant falloir se reprendre. Il reste huit journées de championnat à disputer et le LBF est à égalité avec Aix-en-Provence, le premier non relégable. Alors, certes, il devient urgent de gagner et d’engranger les points, mais tous les espoirs restent permis. Les basketteuses lyonnaises doivent retrouver un moral et compter sur une montée en puissance de leur nouvelle américaine, Marissa Coleman, pour être plus tranchantes offensivement.

Texte et photo : Julien Pierre

————————————————–

Réactions à chaud :

« On n’a pas été assez appliqué sur les lancers francs », reconnaît Pierre Bressant, le coach des Lyonnaises. « Eux, par contre, les tirs à 3-points, quand il faut les mettre, ben ils les mettent, et ça tue ! Quand on a l’occasion de prendre un peu plus d’avance, on loupe le lancer franc. C’est ce genre de petites choses qui nous coûtent le match. On n’a pas su jouer sur nos points forts aussi, le jeu sous le panier, et, à la fin, c’est ce qui nous a fait défaut. On ne gagne pas, la semaine prochaine, il va vraiment falloir s’imposer. Le temps commence à presser. C’était difficile pour Marissa Coleman, elle est arrivée tardivement mais il fallait qu’elle joue. Bon, elle a trouvé un panier à 3-points dans le dernier quart-temps qui aurait pu nous donner la victoire, mais ça n’a pas suffit. Les dirigeants ont compris l’urgence pour nous d’avoir une joueuse de plus et je les remercie de l’effort qu’ils ont consenti. Cela va porter ses fruits ! »

Pour Audrey Sauret, la capitaine du LBF, « il est urgent de gagner ! Quand on n’arrive pas à récupérer une victoire à droite, à gauche, ça devient très, très urgent. Les autres arrivent à gagner un ou deux matchs par-ci, par-là, et nous, on ne gagne toujours pas ! C’est quand même un vrai souci. Il nous faut quand même encore au moins cinq victoires parce que, en ligue féminine, on ne se maintient pas en dessous de dix victoires. On est bloqué à cinq, donc il faut avoir une grosse réaction et il y aura un match décisif la semaine prochaine. […] Marissa [Coleman, NDLR] est une grosse joueuse offensive, on espère qu’elle nous apportera beaucoup dans ce secteur. Bon, après, c’est une solution de plus, ce n’est pas une solution miracle. C’est un groupe qui va vivre et mourir ensemble, donc il faut rester focalisé là-dessus et faire ce qu’on a à faire. Si on gagne la semaine prochaine on survit, si on perd ce sera difficile ! »


Un commentaire
  1. CommentsBasket féminin : LBF/Charleville-Mézières | Free-Landz   |  Lundi, 20 février 2012 à 22:35

    [...] Allô, les filles ? Ça urge ! [...]


Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.